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Dans les années soixante dix, le tourisme était considéré comme un « passeport pour le développement ». Il s’agissait en réalité du tourisme de masse.

On parle d’abondance des guerres, de grandes épidémies, des tremblements de terre. Mais les dégâts de ce type de tourisme sur les populations des communautés d’accueil des pays du Sud ne sont pas assez connus.

Quand les terrains de golf se multiplient comme aux philippines, c’est au détriment des paysans dont les terres sont grignotées et l’eau rationnée pour l’entretien du gazon en saison sèche.  En Afrique, si les Massaïs ont été expulsés de leurs territoires en Tanzanie, c’est pour céder la place aux Safaris. Ce sont là quelques uns des multiples exemples de nuisances d’un certain type de tourisme pour les populations rurales des pays du Sud.

On ne peut pas se contenter de dire que ce tourisme n’est pas dévastateur puisqu’il fait « entrer »  quelques devises, a un impact  sur le développement des infrastructures, attire les investisseurs étrangers,  crée quelques emplois saisonniers locaux.

Avant d’en arriver là, un pays doit engager des sommes importantes en aménagement, aéroports, routes, autoroutes, voiries, espaces destinés aux implantations hôtelières. Plus le pays est pauvre et sous équipé, moins il est préparé à l’accueil de ce type de tourisme. Plus les aménagements sont onéreux,  moins ils sont adaptés aux besoins immédiats et urgents de la population.

Le tourisme n’est pas un mal à proscrire absolument. Bien géré il peut au contraire contribuer au bien être des populations locales, au bonheur des touristes et au dialogue entre les autochtones et leurs visiteurs.  

En réaction au tourisme de masse qui se répand et dont les pays du nord sont les principaux bénéficiaires : compagnies aériennes, tour opérateurs, chaînes hôtelières, agences de voyages… un nouveau type de tourisme est apparu pour lutter contre ces marginalisations : le tourisme solidaire.

Il s’inscrit dans une démarche de développement local construite à partir des ressources humaines, sociétales, culturelles, cultuelles, économiques et environnementales des communautés d’accueil.

La démarche du tourisme responsable engage la responsabilité de l’ensemble des acteurs : la population d’accueil, la représentation sociale, les partenaires, les voyageurs. Cette responsabilité se fonde en premier lieu sur le respect des valeurs et coutumes des habitants. Elle vise prioritairement à une redistribution équitable des revenus de l’activité. La démarche du tourisme responsable requiert certaines conditions et pour que ceci puisse se réaliser convenablement quelques adaptations doivent être faites et mais aussi la nécessité d’instaurer un partenariat véritable entre des différents intervenants.

Compte tenu de l’explosion du marché du tourisme, première industrie mondiale qui mettra en mouvement, plus de 1,5 milliard de personnes en 2020 contre 600 millions  aujourd’hui, il est urgent de changer de cap pour que le développement de cette activité ne se fasse pas, au troisième millénaire, une fois encore, au détriment des populations du Sud. L’équilibre de notre planète en dépend aussi.

Le RECOSAF (Réseau des Compétences Sans Frontières) est une Association de droit Camerounais, créée en 1994 dans le but d’accompagner le développement local des villages de la région de l’ouest Cameroun, au travers du développement du commerce équitable, du développement durable et du tourisme responsable. 

Le RECOSAF entend ainsi :

–       intégrer l’activité touristique dans un développement local

–       protéger le patrimoine et valoriser la culture

–       soutenir les artisans d’art

–       renforcer les capacités des jeunes et des femmes

Le RECOSAF axe ainsi le développement touristique sur l’organisation de voyages dits solidaires qui ne s’inscrivent donc pas dans un tourisme dit « de masse », respectueux de l’environnement, valorisant l’artisanat local et s’appuyant sur les compétences des populations locales.  A cet effet, l’association a signé des accords avec 5 villages (Baham, Babadjou, Bandjoun, Didango et Bapi) dans lesquelles des familles d’accueil ont été sélectionnées. Par ailleurs un projet innovant et ambitieux de création d’une ferme auberge écologique dans la communauté de Bapi est destiné à disposer d’une structure d’accueil et de formation touristique (aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de guide touristique) ainsi qu’à l’artisanat et à la production agricole.

Ce projet est destiné également à l’ensemble des membres de la communauté qui en tireront bénéfice à différentes égards (formation, échange interculturel, besoin de main d’œuvre, vente d’artisanat, etc.).

Emmanuel Tchassa, Secrétaire Exécutif du RECOSAF

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